Un peu d'histoire

De 1830 à nos jours
À la suite de l’apparition des premières photographies en France dans les années 1830, les premières images érotiques font leur apparition. Il s’agit alors de travaux dits académiques ou de photographies vendues à un prix très élevé au marché noir.

Avec le perfectionnement des techniques de tirage des photos, la production de clichés érotiques augmente rapidement et leur prix diminue, mais ce commerce reste illégal et l’État condamne les photographes, les modèles et les distributeurs dès le milieu du XIXe siècle.

Malgré cela, la quantité de photographies érotiques et pornographiques continue d’augmenter et une partie de la production est même envoyée dans des pays comme l’Angleterre et les États-Unis.

Avec l’arrivée de l’impression par point de trame en 1880, la reproduction de photos est grandement facilitée et les magazines érotiques font rapidement leur apparition.

Les premières « pin-up » font leur apparition sous le nom de Gibson Girl et de Christy girl (du nom de leur créateur Charles Dana Gibson et Howard Chandler Christy).

Le grand public, aussi bien masculin que féminin, accueille très bien ce nouvel « art » qui est la représentation de la femme libérée, à la fois sophistiquée et attirante.

Dans les années 1930, les « pin-up » sont de plus en plus représentées et sont très régulièrement utilisées dans les pulp magazines et les comics (Dirty comics).

De nombreuses variantes apparaissent alors, notamment les « Vargas Girl » peintes à l’aérographe par Alberto Vargas pour le magazine Esquire, ainsi que les premiers « pin-up boys » créés par les dessinatrices Joyce Ballantyne, Pearl Frush ou encore Zoë Mozert. Mais c’est seulement au début des années 1940 que le mot « pin-up » est utilisé afin de décrire ces représentations accrochées aux murs.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, les « pin-up » connaissent un très large succès, non seulement auprès de la population, mais surtout chez les militaires, notamment chez les G.I.

Des représentations de « pin-up » étaient fréquentes dans leur paquetage et certains pilotes faisaient même peindre l’avant de leur avion à leur effigie, il s’agit alors de nose art. Un grand nombre de ces dessins et photos proviennent du magazine hebdomadaire Yank, the Army Weekly.

Leur succès continue d’augmenter et durant les années 1950, commence l’âge d’or des « pin-up », principalement aux États-Unis. On peut notamment citer Gil Elvgren, illustrateur emblématique de cette période.

À cette époque, elles apparaissent sur des magazines, journaux, posters, calendriers ou des « cartes d’arts », petites vignettes à collectionner qui ont participé à leur popularisation.

Les « pin-up » sont également appréciées des camionneurs qui apposent leurs images en tôle découpée sur la calandre de leurs véhicules. Certaines de ces représentations sont aujourd’hui très recherchées par les collectionneurs.

Le succès des « pin-up » continue jusque dans les années 1970 où de nombreuses marques (soda, café, cigarettes, etc.) les utilisent pour faire de la publicité et promouvoir leurs produits.

Mais, à la suite de l’apparition des magazines érotiques comme Playboy ou Penthouse, la mode des « pin-up » disparaît progressivement au profit de photos plus réalistes de femmes intégralement nues.

C’est à partir de 2010 que l’on assiste à un véritable regain d’intérêt du public pour les années 50. Vêtements, meubles, appareils électroménagers, décoration, etc… tout un environnement hyper moderne est proposé dans des formes, des couleurs et une déco complètement inspirées de cette époque.

La mode, les magazines, les artistes remettent le style « pin-up » au goût du jour.

La « pin-up », n’échappe pas à cet engouement. Des artistes, des créateurs de mode ou bien encore des designers Art déco s’emparent de ce mouvement et remettent au goût du jour l’ambiance des années 50 et sa célèbre égérie la « pin-up ». Certaines de ces artistes, comme Dita von Teese par exemple, ont bien compris ce phénomène et vont même jusqu’à emprunter les codes de cette époque pour imaginer et fabriquer leur propre image.

Représentée artistiquement par une silhouette idéalisée de la femme, la « pin-up » a marqué de son empreinte toute une époque et plusieurs générations. Symbole du charme et du glamour, elle est aujourd’hui plus moderne que jamais et bien partie pour le rester longtemps encore.

Propos recueillis dans le livre « The art of Pin-up » – auteur Dian Hanson – co-auteurs Louis K. Meisel & Sarahjane Blum – Editions Tachent

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